Qu’est-ce qu’un Puits Canadien ? Principe, Fonctionnement, Avantages et Inconvénients
Le puits canadien, aussi appelé puits provençal, est un système de ventilation géothermique de plus en plus prisé dans les foyers français. En effet, offrant une solution pratique, écologique et économique, il permet de se passer de climatisation, d’aider à réduire nos dépenses énergétiques efficacement et de bénéficier d’un air sain chez nous en toute saison.
Toutefois, si ce puits climatique se popularise, il reste assez méconnu. Principe, avantages et inconvénients du puits canadien, prix, durée de vie, etc, avant de se lancer dans l’installation d’un tel dispositif, il est essentiel de comprendre comment il fonctionne et quel est son intérêt pour vous.
Qu’est-ce que le puits canadien ?
- Quel est le principe du puits canadien ?
- Comment fonctionne le puits provençal ou canadien ?
- Neuf ou rénovation : quand procéder à l’installation d’un puits canadien ?
- Quels sont les avantages du puits canadien ?
- Quels sont les inconvénients du puits canadien ?

Qu’est-ce que le puits canadien ?
Le puits canadien est un dispositif géothermique (utilisant la chaleur du sol pour la transformer en énergie) de ventilation et de circulation de l’air qui permet, grâce à un réseau de canalisations enterrées, de réchauffer ou refroidir un bâtiment et d’obtenir une température idéale toute l’année. Il permet aussi de conserver un air sain ambiant, le renouvelant de manière constante.
Le puits canadien, ou puits provençal, se base sur un concept existant depuis l’empire romain, qui permettait, grâce à une cave ou à un puits, de faire pénétrer l’air froid dans les maisons lors des périodes chaudes. Aujourd’hui, ce type de chauffage canadien est l’un des rares dispositifs à fournir plus d’énergie qu’il n’en consomme, même avec un usage continu.
Quelle est la différence entre un puits canadien et un puits provençal ? Le puits canadien correspond au préchauffement de l’air dans les canalisations en hiver, tandis que le puits provençal correspond au refroidissement de cet air en été. Le dispositif de régulation reste ainsi le même.
Il faut noter que le puits provençal ou canadien n’est pas un système de chauffage ou de climatisation, mais un dispositif de ventilation. Il ne peut donc pas servir de seul système de chauffage, ne pouvant couvrir tous les besoins. Toutefois, c’est un dispositif complémentaire idéal pour obtenir un air tempéré et confortable, et faire des économies.
Quel est le principe du puits canadien ?
Le puits canadien capte l’air neuf extérieur, le fait circuler dans des canalisations enfouies dans le sol et, selon la saison, le réchauffe ou le refroidit, avant de le distribuer dans l’habitat. Basé sur l’écart de température air-sol (dû à l’inertie thermique du sol), il régule naturellement la température captée et assure un air sain, confortable et renouvelé.
En effet, il existe une grande différence entre la température extérieure de l’air (variant entre -20° et 35°), et la température du sol, qui a tendance à rester constante (entre 10° et 18°). Ainsi, en hiver, l’air extérieur est plus froid que la température au sol, et en été, l’air extérieur est plus chaud.
Toutefois, il faut noter que, pour que le puits canadien soit performant, il faut que le bâtiment ciblé soit également performant. En effet, un puits provençal aménagé pour une maison passive ou pour un bâtiment optimisé au point de vue climatique (isolation et étanchéité optimale) sera beaucoup plus performant que pour une maison mal conçues (qui sera un gouffre à énergie).
Comment fonctionne le puits provençal ou canadien ?
Le fonctionnement du puits canadien ou provençal va dépendre du type de puits climatique installé : puits canadien aéraulique (à air) ou puits canadien hydraulique (à eau glycolée).
Le puits provençal ou canadien aéraulique
Le puits canadien aéraulique est le puits provençal traditionnel et le plus répandu, faisant circuler l’air extérieur par des conduits enfouis dans le sol. Il est le plus souvent proposé sous forme de kit de puits canadien LEWT, composé de :
- Borne de prise d’air extérieur : bouche d’aspiration qui capture l’air extérieur et l’assainit avant de le faire passer dans les canalisations, pour une qualité d’air remarquable. Elle dispose d’une grille et d’un filtre G3/64 (bloquant insectes, pollen, rongeurs, prolifération de bactéries et champignons, etc.). Cette prise doit avoir une hauteur minimale d’1m40 et doit être éloignée de toute source de pollution,
- Conduits enterrés : réseau de canalisations enterrées en extérieur. D’un diamètre de 20 cm environ, ils doivent être installés en pente légère (supérieure à 2 %) avec un siphon pour faire circuler l’air et évacuer les condensats (eau liquide obtenue par la condensation de sa propre vapeur pouvant entraîner la formation de moisissures et d’humidité résiduelle).
- Ventilateur : le puits canadien se couple le plus souvent avec un ventilateur VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) pour accroître ses performances et l’apport de chaleur (ou de fraîcheur, pour le puits provençal). Pour être efficace, ce ventilateur sera à double flux, permettant de réguler l’humidité, la température et la qualité de l’ambiance intérieure, et de rejeter l’air vicié,Les conduits, le plus souvent en polyéthylène ou en fonte, doivent être enfouis à une entre 2 m et 3 m de moyenne (le plus souvent 2 m), pour un rendement optimal. La longueur du puits canadien doit être d’environ 30 m à 50 m de distance de l’habitat. Les conduits doivent aussi passer à 2 mètres environ des arbres et arbustes, être éloignés des zones de stationnement et ne pas passer sous le bâtiment ou l’habitation (au risque de capter la chaleur de la maison et de la refroidir). Enfin, les raccords de conduits doivent être étanches, pour empêcher l’immersion de radon.
- By-pass : clapet motorisé piloté par une sonde thermique qui permet de faire basculer le système en puits canadien ou puits provençal selon les saisons. Mesurant la température extérieure et celle du puits, le By-pass permet aussi de court-circuiter le système à l’intersaison, en choisissant la température la plus judicieuse. Il est essentiel de bien mettre en place son By-pass, au risque d’appauvrir le sol dans lequel se trouve le puits canandien,
- Regard de visite : ouverture permettant d’inspecter facilement l’état et le fonctionnement du puits canadien, et de récolter les condensats (qui seront conservés dans un puisard puis renvoyés à l’air extérieur). Ce regard de visite doit être d’une ouverture minimale de 300*100 mm et être parfaitement étanche.
Le puits canadien hydraulique
Le puits canadien hydraulique est un chauffage canadien, qui, au lieu de véhiculer de l’air, va véhiculer de l’eau, à l’aide d’un échangeur air-eau (servant au préchauffage de l’air en hiver et de son rafraîchissement l’été). Il est composé d’une boucle d’eau glycolée, faisant office de fluide caloporteur en circuit fermé, empêchant ainsi la givre de l’échangeur. Il prend alors la forme de kit de puits canadien SEWT.
Si le puits canadien hydraulique est un système plus simple que le puits aéraulique (pas d’exigence de pente, pas de borne de prise d’air ou de regard de visite nécessaire), il est cependant moins performant qu’un puits aéraulique, avec une puissance moindre et le besoin d’un débit d’eau important pour que l’échangeur soit efficace.
De plus, requérant ainsi l’installation d’un échangeur air / eau, d’une pompe supplémentaire et de tranchées beaucoup plus longues (au moins 400 mètres de réseaux), le puits canadien hydraulique sera plus cher et plus compliqué à installer.
Le puits hydraulique est, de ce fait, une solution à privilégier lorsqu’il est impossible d’installer un puits provençal classique, comme en cas de roche présente sur le terrain.
Neuf ou rénovation : quand procéder à l’installation d’un puits canadien ?
De manière générale, l’installation d’un puits canadien doit être prévue lors de la construction de la maison ou du bâtiment. En effet, pour que le puits soit réellement performant, il est essentiel de concevoir dès le départ un bâtiment qui le soit aussi. Avec une maison passive, le puits canadien, avec une VMC double flux, pourra couvrir rapidement les faibles besoins en énergie nécessaire.
De plus, s’il est planifié dès la conception du projet, ce chauffage canadien sera plus facile à installer, pouvant prendre en compte toutes les données importantes. Notamment, il sera facile de prendre en compte le calcul en amont de la surface à couvrir, le climat, le type et la qualité du sol, la qualité de l’isolation, la profondeur du puits canadien idéale, la pose de la VMC, etc.
À l’inverse, en rénovation, la performance du puits provençal va dépendre de la performance du bâtiment. Si le bâtiment est gourmand en énergie (avec la présence de ponts thermiques), le puits ne sera pas aussi performant et ne permettra pas de réduire efficacement ses dépenses énergétiques.
De plus, l’installation du puits provençal sera beaucoup plus lourde et compliquée à réaliser. Une fois le terrain aménagé (position du bâtiment, présence d’arbres, d’un jardin ou potager, d’une piscine ou d’une zone de stationnement, etc.), les possibilités de placement et de pose seront plus limitées, et surtout, les travaux seront beaucoup plus lourds.

Quels sont les avantages du puits canadien ?
Dispositif très pratique, le puits canadien ou provençal possède de nombreux avantages. C’est notamment une solution :
- Écoresponsable : c’est une solution naturelle et écologique pour réguler la température chez soi, en réduisant l’impact sur l’environnement et sur ses habitants. N’utilisant que l’air extérieur et la température du sol, il offre en plus une énergie propre, gratuite et inépuisable,
- Économique : possédant un coût faible en énergie, le puits canadien permet de limiter ses besoins en chauffage ou climatisation et de réduire sa consommation. Cependant, sa performance sera proportionnelle à la performance énergétique de la maison. En cas de maison passive, un puits canadien peut par exemple faire économiser jusqu’à 70 % de réduction sur ses factures énergétiques,
- Polyvalent et confortable : il s’adapte à tous les besoins, en toute saison. En hiver, le puits canadien assure un air chaud, et en été, un air frais (écrêtant ainsi les pics chauds et froids), pour un confort thermique idéal toute l’année. De plus, la VMC renouvelle l’air en fonction des besoins du bâtiment, garantissant une qualité d’air remarquable constante.
- Performant : si sa consommation d’électricité est faible, ses performances sont très élevées avec un coefficient de performances (COP) entre 10 et 30. Cela signifie que pour 400W consommés en 1h, le puits provençal peut restituer jusqu’à 5.000W dans le même temps (avec 3 conduits de 50 m. Une fois installé, son niveau d’efficacité en fait le nec plus ultra du domaine,
- Durable : la durée de vie du puits canadien est très grande, avec une absence d’usure du puits et des équipements très résistants pouvant durer autant que le bâtiment. Ce puits climatique demande aussi peu de maintenance : nettoyage des filtres de la prise d’air et du double flux et nécessaire tous ans environ (ou tous les 6 mois en cas de forte pollution). Avec notre régulation DeltaTero, vous êtes informés de l’encrassement des filtres sur le moment,
Adaptable : ce type de puits est compatible avec d’autres dispositifs de chauffage, et, dans certains cas de figure, de climatisation (en accouplant par exemple une pompe à chaleur avec un groupe froid pour augmenter la performance du puits canadien.

Quels sont les inconvénients du puits canadien ?
Le puits canadien ne possède pas d’inconvénients à proprement dit. Cependant, afin de vous assurer d’une bonne installation (dimensionnement et pose) et d’un fonctionnement performant et durable (qualité d’air parfaite, température confortable, etc.), il est essentiel de passer par un professionnel.
En effet, si installer un puits canadien fait maison est possible, cela requiert une expertise et le respect de normes.
De plus, un puits canadien artisanal mal installé peut entraîner la présence de condensats (si le puits n’est pas installé sur une pente douce), une dégradation prématurée, le risque de gaz radon (en cas de conduits non étanches), qui risquent de coûter très cher.